Ateliers & stages

Cuisson Raku :
Stage proche de clermont-ferrand

C’est dans l’atelier de Jean-Michel Raffal, à Saint-Victor Montvianneix (63), que j’ai eu la chance de participer à un stage de raku ce dimanche 30 juin. Cette technique de cuisson de céramique consiste à créer des effets sur la pièce à partir d’un choc de température suivi d’un enfumage. Offert par notre formatrice, Emmanuelle Bideau, pour compléter nos connaissances de la céramique, j’y suis allée accompagnée de mes collègues de formation (Sabine de @3petitstours.poterie, qui a sculpté un magnifique renard polaire et Nathalie avec sa belle éléphante).

Qu’est-ce que le raku ?

Le raku-yaki (communément dit « raku ») est une technique de cuisson de céramique. Le principe étant de faire subir un choc thermique aux pièces et de les enfumer ensuite. L’écart de température permet de faire tressailler (= craqueler) l’émail et l’enfumage de faire entrer le carbone dans les fissures et les zones non-émaillées. 

D’après l’Histoire de la céramique, ce procédé de cuisson émerge au japon, durant le 16ème siècle. Elle est le résultat d’une rencontre entre un artisan potier (Chojiro, fils du potier Ameya) et un maître de thé (Sen No Rikyu). L’évolution des normes alimentaires ayant évoluées depuis, le raku n’est aujourd’hui pas recommandé pour la cuisson de pièces à usage alimentaire. Si le sujet vous intéresse, je vous conseille cet article de Joëlle Swanet.

Fabrication d’une pièce destinée au Raku

Ma petite sculpture était fabriquée en amont du stage chez Jean-Michel, je l’ai façonnée durant ma formation à l’atelier Noom. J’avais pour consigne de créer une pièce spontanée, en creusant dans un bloc de terre. Les contraintes pour la cuisson étaient les suivantes :

  • Des parois suffisamment régulières pour résister au choc thermique
  • Un poids raisonnable pour être porté à bout de bras
  • Limiter les détails fragiles et les collages

J’ai donc commencé par gratter dans mon bloc de terre chamottée (= contenant du sable), pour donner forme au soleil et à la coupelle. Puis, j’ai cherché à donner de la hauteur, ajoutant le cylindre en dessous. Enfin, j’ai décidé de l’utilité de ma pièce en incluant deux autres cylindres, qui me permettraient d’intégrer des plantes grasses par la suite. Après avoir reçue une première cuisson (dite “biscuit” ou “dégourdie”), ma sculpture était prête !

Déroulement du stage de cuisson raku

Situé à Saint-Victor Montvianneix, c’est après 50 minutes de route (depuis Vic-le-Comte) à travers forêt et petits villages que nous sommes arrivées sur le lieu de rendez-vous. Jean-Michel nous a adorablement accueillies chez lui, dans son atelier entouré de sapins et empli de savoir.

1. Réserves et émaillage

Nous avons alors commencé par réserver les zones sur lesquelles nous voulions voir apparaître du noir (suite à l’enfumage). Puis, nous avons émaillé nos pièces. L’émaillage consiste à appliquer une couche de couverte (transparente ici) sur les zones où l’on voulait conserver la couleur initiale de la terre. Prévoyant ainsi un contraste entre la couleur de la terre émaillée et celle des zones réservées à la cire.

2. Repas et enfournement

Nous avons ensuite partagé un repas à la table de notre hôte, en discutant techniques de céramiques et anecdotes de marché de potiers. Cela a permis à la pluie de cesser, nous laissant la chance d’enfourner nos pièces.
Principalement constitué de briques réfractaires, d’aluminium et de fibres, le four à raku utilisé pour cette cuisson a été fabriqué artisanalement par Jean-Michel. La cuisson consistant à ouvrir le four à 1000 degrés, il fallait penser la meilleure disposition pour sortir les pièces le plus vite possible.

3. Courbe de cuisson et préparation

La cuisson étant lancée, nous avons surveillé la courbe de température toutes les dix minutes. L’objectif étant de prendre environ 1°C toutes les 10 secondes jusqu’à 500°C puis 1°C toutes les 4 secondes jusqu’à 1000°C.
Pendant ce temps, nous avons également préparé les bassines d’enfumage (= poubelle et bassines métalliques) en disposant de la sciure dans le fond pour créer comme un « lit » prêt à recevoir nos pièces en fusion.

4. Ouverture du four et magie des flammes

Est venu le moment où Jean-Michel s’est équipé pour ouvrir le four : manteau en cuir, tablier, masque et gants très haute température. Le four s’ouvre ! Le maître de la cuisson attrape nos pièces à bout de bras à l’aide de pinces métalliques, qu’il dispose ensuite dans chaque boîte d’enfumage. Nous jetons des copeaux de sciure sur nos pièces, elles s’enflamment et nous étouffons avec les couvercles. Jean-Michel n’est pas blessé et les pièces sont intactes.
La pression retombe, tout s’est bien passé. Le relâchement et la magie créent une douce envie de pleurer… quel moment !

Après une dizaine de minutes d’enfumage, vient la découverte de nos pièces et la magie du hasard. L’émail ayant craqué avec le choc brutal de température (1000°C dans le four à 15°C extérieur), les fissures se sont créées et nos pièces sont recouvertes de cicatrices noires dues au carbone. Nous sommes toutes les trois ravies du résultat et émerveillées par ce qu’il vient de se passer… La terre nous offre une fois de plus un moment suspendu, partagé et riche en transformations.

5. Nettoyage et cirage

Une fois les pièces refroidies, nous les avons plongées dans une bassine d’eau (pour retirer la sciure brûlée et nettoyer les plus grandes traces de carbone) avant d’aller les laver à l’eau claire dans l’évier. Ce premier nettoyage permet de limiter la pollution de l’eau dans les canalisations. Jean-Michel (et nous trois) faisant de notre mieux pour limiter notre impact sur la nature et l’écologie dans le cadre de notre pratique. Une fois les pièces propres, il ne reste plus qu’à cirer les zones que nous avions réservées au départ (devenues noires) pour conserver la teinte carbonisée.   

Contact stage raku et remerciements

Si vous souhaitez à votre tour effectuer un stage de raku à l’Atelier d’Art Brutal, vous pouvez contacter Jean-Michel par e-mail à l’adresse suivante : jmpupin@orange.fr ou bien par téléphone au 06 50 23 08 88. Les groupes pour participer à une cuisson doivent être composés de 3 à 5 personnes. Jean-Michel propose également des stages d’introduction à la terre sigillée.

D’ailleurs, rêvant de me former à la pratique, je suis à la recherche de personnes intéressées pour constituer un groupe sigillée. 🙂

Je profite de cet article pour remercier Emmanuelle (dite « Manue » dans nos cœurs) pour cette superbe expérience, ainsi que Jean-Michel pour la transmission de son savoir, sa patience, ce moment partagé et toutes ses réponses à nos nombreuses questions. Évidemment, très heureuse d’avoir partagé ce moment avec mes deux collègues céramistes, Nathalie et ma super Sabine !