Techniques
Tournage ou modelage : par quoi commencer la poterie ?
Il existe plusieurs techniques pour pratiquer la poterie. Le tournage et le modelage sont les plus courantes, bien qu’il soit possible de fabriquer des céramiques grâce à la technique du coulage (qui n’est pas abordé dans cet article). La méthode pour laquelle vous optez, dépend des sensations et du résultat que vous cherchez.
En effet, le tournage de céramique est très différent du modelage. La pratique sur le tour de potier.ère est souvent privilégiée par les professionnels.lles pour des questions d’optimisation du temps, de travail en série et de rentabilité. Pourtant, que l’on soit amateurice ou confirmé.e, le modelage reste un incontournable. Par exemple, pour façonner et coller une anse, cela relève de ce procédé. Le modelage reste toutefois une solution plus accessible lorsqu’on débute dans la pratique de la poterie.
Le modelage, qu’est-ce que c’est ?
Le modelage comprend l’ensemble des solutions mises en œuvre pour donner à la pâte céramique/l’argile la forme que l’on veut, en dehors du tour de potier.ère, pour réaliser un objet ou certains éléments. Ce moyen de fabrication est très accessible aux débutantxs puisqu’il s’apparente à ce que l’on connaît depuis notre tendre enfance : la pâte à modeler, la pâte polymère ou la pâte à sel. L’importante différence avec ces autres matières est la contrainte liée à la cuisson qui suivra la fabrication.
Les différentes techniques de modelage
Le modelage est un terme générique qui regroupe en réalité différentes manipulations. On entend par là le travail du pincé, les colombins et celui de la plaque. Chacune de ses solutions permet des créations diverses, si bien dans leur aspect esthétique que dans les exigences.
- Le pincé, « pincement » ou « pinçage »
Cette technique est l’une des plus anciennes de la poterie. Elle consiste à pincer la terre entre le pouce et l’index jusqu’à obtenir une forme creuse qui peut servir de contenant. On pince plus ou moins fort selon l’épaisseur souhaitée et l’avancement de la création. On utilise alors très peu d’outils, le principal étant nos mains !
- Les colombins
Les colombins sont des boudins d’argile (aussi appelés « serpents ») que l’on utilise pour créer une pièce, un pied, une anse ou d’autres éléments. Cette méthode est fréquemment utilisée pour créer des pièces volumineuses sans tour. En effet, on confectionne différents colombins, que l’on empile ensuite les uns sur les autres, en les collant, pour créer la paroi de notre pièce. Selon la texture de la terre, on peut coller les boudins directement les uns aux autres en fondant la matière du haut vers le bas (intérieur et extérieur), ou réaliser un collage à l’aide de barbotine si la terre est un peu plus sèche.
- La plaque
Ce type de fabrication revient à façonner des plaques d’argile d’épaisseur régulière, au rouleau ou à l’aide d’une croûteuse (= laminoir de poterie) et l’assembler selon la forme souhaitée. On parvient alors à un rendu plus lisse et une (presque) imitation du tournage pour certaines pièces.
Tournage céramique : quand débuter ?
Le tournage est une technique ancestrale qui revient à transformer une balle de terre en objet fonctionnel ou décoratif. On range généralement dans la catégorie « utilitaire » toutes les créations qui se destinent à un usage quotidien. Pour les pièces dites « décoratives », on comprend les vases, les diffuseurs de parfum et les pots de fleurs, par exemple.
La pratique sur le tour de potier.ère requiert un véritable engagement temporel. En effet, l’apprentissage est vaste et fastidieux, il faut être vraiment motivé.e ! Rapidement, on se retrouve face à des difficultés et des problématiques qui demandent du temps (mais surtout beaucoup de pratique) avant d’être corrigés. Une chose est certaine : appréhender la méthode se fait en plusieurs étapes.
À noter : même des années de modelage ne vous aideront pas à mieux vous débrouiller sur le tour. Le plus important pour pratiquer reste donc d’écouter vos envies. Si vous souhiatez débuter par le tournage, cela reste tout à fait possible.
1. Comprendre le fonctionnement d’un tour de potier.ère
L’outil principal du potier demande de la compréhension. Pour commencer, vous devrez déterminer le sens de rotation de votre tour : dans le sens des aiguilles d’une montre si vous êtes gaucher.ère / dans le sens inverse pour les droitiers.ères. Une fois le sens définit, vous devez assimiler que le tournage est une question d’équilibre. Il est essentiel de comprendre ça pour tourner. Vos mains doivent travailler ensemble et votre force doit être maitrisée : la force tranquille (et le gainage !).
2. Maîtriser le centrage
Le centrage est une étape difficile de l’apprentissage du tournage (pour ne pas dire LA plus difficile. Cela demande de la pratique, mais surtout, d’accepter de ressentir plutôt que de penser. Sur le tour, vos sensations sont au coeur de la pratique : il est essentiel de sentir ce qu’il se passe pour trouver le point de centrage. C’est une étape de l’apprentissage qui peut s’avérer frustrante, mais elle est pourtant indispensable : sans centrer, vos pots ne seront pas ronds !
3. Réussir à atteindre son objectif
Progressivement, votre pratique vous permettra de créer des pots. Une fois le centrage acquis, vous pourrez alors vous projeter sur un objectif. Par exemple : faire une forme de boule, ou un évasé. Le fait de vous fixer des objectifs vous aidera à cadrer vos sessions de tournage et vous aidera à progresser. C’est en avançant petit à petit que l’on apprend !
Liste d’objectifs (non-exhaustive) que vous pouvez vous fixer :
- Maîtriser le centrage
- Faire un cylindre droit
- Créer une forme de boule
- Tourner une pièce évasée
- Refermer une pièce sur le haut, type soliflore
ASTUCE :pour débuter, commencez par tourner des poids allant de 450 à 650 grammes. Il s’agit d’une variable idéale pour commencer. Effectivement, les tout petits poids de terre demandent beaucoup de maîtrise et de fluidité dans les gestes. À l’inverse, les poids plus conséquents demandent plus d’efficacité et de technique lors du centrage.
